Archive for the 'Reading Science' Category

juin 22 2008

Biogéographie et populations chez les dinoflagellés Alexandrium

Published by Guillaume under Algae Blog, Reading Science

En biologie, une population est définie comme un groupe d’individus issus d’une même espèce et s’étant reproduits isolément des autres groupes. Cependant, l’isolation reproductive n’étant pas un sujet d’étude abordable pour des populations éteintes ou asexuées, un autre moyen consiste à évaluer les capacités reproductives à partir du concept d’espèce morphologique (Gosling, 1994). Le phytoplancton présente de larges variations génétiques intraspécifiques (Brand, 1981). Parmi les différents cas de figure existants, j’ai choisi d’illustrer ces propos par l’exemple du Dinophyte Alexandrium, genre dont le découpage en différentes espèces selon des critères morphologiques est critiqué par les analyses génétiques.

 

En taxonomie distingue-t-on les morphotypes A. catenella, A. tamarense et A. fundyense. Cependant, aucune étude moléculaire n’a permis de les séparer en espèces distinctes (Lilly, 2003). Au terme des travaux de thèse de Lilly, basés sur la comparaison des séquences D1-D2 LSU rDNA de 110 isolats, il a été suggéré que le complexe tamarense comprenait 5 groupes génotypiques. Tous étant toxiques. Leur répartition biogréographique est très large, avec un groupe italien, un groupe tasmanien, un groupe européen, un groupe japonais et un groupe nord-américain (s’étendant de la zone Pacifique nord et Atlantique nord, jusqu’aux côtes de Corée et d’Ecosse).

 

Un autre exemple (Lundholm & Moestrup, 2006) : Chez A. ostenfeldii, une distribution en clades est également rapportée. Le clade américain se retrouve aussi en Afrique du Sud, et un second clade comprenant trois morphotypes a été mis en évidence en Asie de l’Est (sporadiquement en Océanie et en Méditerranée, soulignant au passage leur dissémination par les activités maritimes humaines).

A. ostenfeldii et A. tamarense semblent donc cosmopolitains, A l’inverse, d’autres espèces, comme A. tamiyaranichii, sont plutôt endémiques. Cette dernière ne se retrouvant, pour sa part, qu’en Asie tropicale du Sud-Est !

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avr 13 2008

Dans le Nature du 10 Avril

Published by Guillaume under Reading Science

cover_nature_7188.jpg On y discute de la classification phylogénétique des Animaux. Et plus particulièrement des Cténophores, ces espèces zooplanctoniques (majoritairement) à la biologie si intrigante. Ma première observation de ces charmantes bestioles remonte à un chalutage d’un petit filet à mailles serrées, dans une baie bretonne (mer calme, beau temps de mai, conditions idéales). Les “groseilles de mer” (Pleurobrachia pileus) y pullulaient.

 

C’est donc avec une petite pointe de nostalgie que je découvre, en naviguant sur Eurekalert, l’annonce du prochain article de Dunn et de son équipe. S’intéressant à un échantillon génétique limité de 29 espèces animales, mais représentant en tout 21 embranchements différents, ce biologiste et son équipe proposent une nouvelle analyse de l’arbre phylogénétique animal. Recueillant un total de 39,9 Mpb de séquences EST à partir des gènes activés dans ces animaux, Dunn et al. ont analysé ce matériel génétique en le comparant aux données génomiques collectées chez 48 autres espèces animales.

 

Leurs résultats sont pour le moins passionnants, et méritaient bien cette couverture spéciale de Nature ! La dernière fois que je consultais mon exemplaire de la “Classification Phylogénétique” de Lecointre et Le Guyader, je notais que les Cténophores avaient une position phylogénétique encore incertaine. Les analyses de l’ARNr 18S les plaçaient soit en groupe-frère des Cnidaires, soit à la base des Eumétazoaires.

Dunn, pour sa part, vient taper un grand coup dans la fourmilière en proposant que les Cténaires aient divergé des autres animaux … Bien avant les Spongiaires ! Nous ne sommes donc même plus à la base des Eumétazoaires. Un résultat particulièrement intéressant, d’autant plus que la démarche de son équipe n’a pas manqué de retenir mon attention.

Il ne me reste plus qu’à attendre patiemment lundi et le retour au labo, pour télécharger autour d’un bon café la publication de Dunn. En attendant, je retourne à mes rêveries de mer et de groseilles, de ceintures de Vénus et autres Béroés ;)

A lire :

Dunn et al. (2008). Broad phylogenomic sampling improves resolution of the animal tree of life. Nature doi:10.1038/nature06614

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