avr 13 2008
Dans le Nature du 10 Avril
On y discute de la classification phylogénétique des Animaux. Et plus particulièrement des Cténophores, ces espèces zooplanctoniques (majoritairement) à la biologie si intrigante. Ma première observation de ces charmantes bestioles remonte à un chalutage d’un petit filet à mailles serrées, dans une baie bretonne (mer calme, beau temps de mai, conditions idéales). Les “groseilles de mer” (Pleurobrachia pileus) y pullulaient.
C’est donc avec une petite pointe de nostalgie que je découvre, en naviguant sur Eurekalert, l’annonce du prochain article de Dunn et de son équipe. S’intéressant à un échantillon génétique limité de 29 espèces animales, mais représentant en tout 21 embranchements différents, ce biologiste et son équipe proposent une nouvelle analyse de l’arbre phylogénétique animal. Recueillant un total de 39,9 Mpb de séquences EST à partir des gènes activés dans ces animaux, Dunn et al. ont analysé ce matériel génétique en le comparant aux données génomiques collectées chez 48 autres espèces animales.
Leurs résultats sont pour le moins passionnants, et méritaient bien cette couverture spéciale de Nature ! La dernière fois que je consultais mon exemplaire de la “Classification Phylogénétique” de Lecointre et Le Guyader, je notais que les Cténophores avaient une position phylogénétique encore incertaine. Les analyses de l’ARNr 18S les plaçaient soit en groupe-frère des Cnidaires, soit à la base des Eumétazoaires.
Dunn, pour sa part, vient taper un grand coup dans la fourmilière en proposant que les Cténaires aient divergé des autres animaux … Bien avant les Spongiaires ! Nous ne sommes donc même plus à la base des Eumétazoaires. Un résultat particulièrement intéressant, d’autant plus que la démarche de son équipe n’a pas manqué de retenir mon attention.
Il ne me reste plus qu’à attendre patiemment lundi et le retour au labo, pour télécharger autour d’un bon café la publication de Dunn. En attendant, je retourne à mes rêveries de mer et de groseilles, de ceintures de Vénus et autres Béroés
A lire :
Dunn et al. (2008). Broad phylogenomic sampling improves resolution of the animal tree of life. Nature doi:10.1038/nature06614